J'ai été un "juif de Kippour" jusqu'à mes 54 ans. Bercé par les traditions de mes parents et de ma grand-mère, sans vraiment trouver de sens à une religion qui m'offrait davantage d'injonctions sévères que de réponses à mes questions.
Un accident de la vie, un père malade… et me voilà priant avec ferveur un samedi matin. Quelques semaines passent. Mon père va mieux. Mais les explications rationnelles des médecins ne me suffisent plus.
Alors je regarde en arrière — et je comprends que D.ieu s'est manifesté à moi à chaque tournant de ma vie. Chaque échec, chaque réussite, m'a conduit exactement là où je devais être.
Un matin, autour d'un café après la prière, je rencontre un homme de sagesse, de foi et d'ouverture. Il me montre une autre face du judaïsme — celle où la raison se réconcilie avec la foi. Et il répète inlassablement : « Tout est Don divin. » Je ne peux qu'être d'accord. Il est temps de remercier.
Des mois d'étude ont suivi. Privilégié que j'étais d'entendre une parole claire, vivante, moderne.
La naissance d'un projet
J'ai voulu transmettre cette lumière à mes enfants. Mais même dans une ville vivante, foisonnant de maîtres et de lieux d'étude, les supports restent compliqués. De lectures en dvar torah inspirés, l'immensité de mon inculture se confirme. Mais comment rattraper ces années perdues sans m'enfermer dans une Yeshiva ? Alors une idée naît…
Au début, je l'imagine modeste : mettre en lumière les grandes figures qui ont écrit notre histoire et nos textes saints. Puis l'envie grandit — renouer avec l'Histoire, comprendre le sens des fêtes, la joie et la foi au-delà des textes que je ne maîtrise pas. Cela demandait bien plus qu'un support léger : il fallait de vrais livres — beaux, vivants, accessibles — qui donnent envie d'ouvrir une page.
C'est ainsi qu'est née Ora Shel Torah, et sa collection Lumières d'Israël. Avec l'idée que la beauté et la grandeur du judaïsme peuvent se transmettre autrement que par l'étude seule : par la lecture partagée, le plaisir de découvrir ensemble, et la joie d'apprendre en famille.
Les signes du chemin
Il a fallu dépasser mes incompétences judaïques… et techniques. Les outils modernes m'ont donné accès à une source quasiment illimitée de données fondamentales, sourçables, vérifiables. Mais surtout D.ieu avait un plan pour moi… Un changement de vie forcé qui a libéré mon temps et mon énergie.
Des signes… comme le numéro d'enregistrement de ma société : « 770 » (l'adresse du Rabbi de Loubavitch) et un message dans une lettre posthume du Rabbi (Igrot Kodesh) m'encourageant à persévérer, et à ramener mes enfants avec moi…
De l'idée à la réalité
Ces signes m'ont bouleversé. Ce n'était plus seulement mon projet — c'était une mission.
Alors j'ai plongé dans une aventure que je ne maîtrisais pas : rédiger, puiser chaque page dans les sources classiques (Tanakh, Talmud, Choulhan Aroukh, Ben Ich Haï…), mettre en forme, collaborer avec des graphistes, faire relire et valider le contenu, trouver un imprimeur à la hauteur.
Un an de travail acharné a donné naissance à une collection de trois livres complémentaires, Lumières d'Israël :
- La Parole Transmise, à la rencontre des grandes figures de l'histoire juive
- Minhag ou Halakha, pour distinguer ce qui relève de la loi de ce qui relève de la coutume
- L'Année d'Israël, pour traverser le calendrier des fêtes, de Roch Hachana à Tou BeAv, selon les quatre voies de lecture de la tradition (PaRDeS)
Aujourd'hui, quand je vois des familles — éloignées ou pratiquantes — ouvrir ces livres ensemble, lire, s'étonner, débattre, et surtout transmettre sans contrainte, je sais que ce « 770 » n'était pas un hasard.
Le message que je veux transmettre
« Quel que soit votre âge, et quel que soit le seuil que vous franchirez — celui de l'étude traditionnelle ou celui d'un livre ouvert en famille — la lumière de la Torah est là, patiente, prête à illuminer votre voyage comme elle a transformé le mien. »